Romain Navier

January 18, 2016

INTERVIEW :

 

Romain Navier est le VJ du collectif Jurassic basé entre Angers et Paris. Depuis quelques années maintenant, Romain pratique un art encore peu connu qui fait appel à de multiples disciplines. 

 

 

Il a pu habiller la scène de Dixon, Laurent Garnier, Appart ou encore Fakear avec des vidéos set en live de près de 6 heures. 

 

 

Pour les éventuels non initiés, le VJ ( video-jockey) est le mixage d’images animées. Le VJ projette donc ses images et vidéos pour transformer toutes ces petites prises en un grand film en quelque sorte. Ensuite, le mapping vidéo a pour but d’habiller avec de la projection vidéo des surfaces avec du relief ou, de projeter sur des formes. Tout cela en prenant soins de se baser sur la structure en suivant les bordures et le relief de chaque surface. Chaque VJ à sa manière de procéder, certains mixent en live leurs vidéos ou d’autres préfèrent préparer à l’avance leur projection.

 

On a pu poser quelques questions à Romain pour qu'il nous parle de sa discipline et de ses projets. Une interview très intéressante. 

 

Comment t’es venue cette envie de te lancer dans le VJ ? 

 

"Il y a quelques années avec mes potes on a formé un groupe "Tissu", genre math rock, Dance-punk. Avec notamment Amand Mourillon (Armando) et Adrien Tuffereau (Banquette Arrière), avec qui plus tard j'ai créé Jurassic Collectif. Vu que je ne suis pas musicien, je me suis dit que j'allais m'occuper de l'image du groupe et des lives. À ce moment-là j’étais à Nantes à l’école et mon prof de vidéo m’a initié au Vj en me montrant Modul8 (logiciel de vj) que j’ai tout de suite pris en main et mis en pratique en faisant les lives pour notre groupe Tissu. On jouait dans des petits bars sur Angers, Nantes, le Mans, les fêtes de villages, etc. Je projetais sur des murs, des draps, des panneaux, ce que l’on avait sous la main. Au fur et à mesure des dates, ma bibliothèque de vidéos s’agrandissait, j'appréhendais mieux la synchro musique visuelle...."

 

Tu fais aussi du mapping, As-tu une préférence pour cette pratique plutôt que la « projection d’image » ? 

 

"Je n’ai eu qu’une seule expérience de mapping, c’était cool mais je trouve ça trop restreint comme format, une fois que tu as ta forme, tu es bloqué dedans. Alors que quand tu occupes toute la scène avec deux écrans de 4 m x 5 m, là le public est plongé dedans, il s’en prend plein la gueule. Je préfère immerger le public dans une vidéo géante, que de le forcer à regarder un module ou une forme dans un coin."

 

 

 

Comment fonctionnes-tu pour préparer un live ? 

 

"Je m'imprègne du son, je me baigne dans l’EP ou l’album et je sors toutes les images que je peux imaginer à travers le son. Je bidouille énormément, j’expérimente sur After Effects, C4D, ou avec ma caméra puis je fais le tri et j’essaie de garder le meilleur, en réfléchissant aux transitions, montés, breaks etc.."

 

Peux-tu nous parler d’une création qui te tient particulièrement à coeur ?  

 

"Jurassic ! C’est plus un projet global de création visuel, mais c’est le projet qui me tient le plus à coeur. Avec 6 amis on a lancé ce collectif de musique électronique il y a un peu plus de 1 an maintenant, je m’occupe vraiment de toute l’image du collectif, de la cover d’un Ep sur Soundcloud, jusqu'aux vidéos lives. J’ai pu développer un univers graphique pour chaque artistes et une identité globale pour le collectif, là je m’éclate comme un fou."

 

 

 

As-tu des projets sur lesquels tu travailles actuellement ?

 

"Pour la question précédente, j’aurais pu également vous parler de Blutch et de notre collaboration. C'est également un projet qui me tient à coeur. On s'est rencontré via Astropolis il y a 2 -3 ans, son producteur m’a proposé de réaliser une série de clips, j'ai eu carte blanche sur le scénario et le design.

Je suis actuellement en train de réaliser le 3ème et dernier volet d’une série de trois clips pour cet artiste. Je décline également les clips en live, ça s’appelle Equilibrium Live, c’est le nom de son album. Je suis avec lui sur scène et je remix les clips en live."

 

As-tu un contact avec les djs avant pour préparer ton travail ? 

 

"Tout dépend du contexte, quand je suis arrivé à Paris il y a 3 ans, j’ai pu faire des soirées Embrace organisées par Allo Floride, c’était cool, j’ai joué avec Shlohmo et Fakear, mais je n’avais jamais de contact avec les artistes, c’était plus de l’habillage, je projetais ce que je voulais, il y avait pas de contexte. 

À Astropolis, parfois il y a des demandes spécifiques, mais c’est assez rare."

 

Ou pioches-tu ton inspiration ? 

 

"L’inspiration vient de n’importe où, elle n’a pas de limite, j’essaie de trouver ce qu’il y a de beau dans l’inintéressant, dans ce qui peut paraître anodin. J’aime bien partir d’un sujet qui n’a aucun rapport à la vidéo et en sortir des images. 

Je peux passer des heures sur mes logiciels à expérimenter, à essayer de reproduire ce que le son peut produire chez le public, essayer de créer des sensations."

 

 

L’événement que tu as le plus apprécier en tant que VJ ?

 

"Les lives avec Jurassic. Être sur scène avec ses potes c’est super cool."

 

 

 

J’ai pu entendre parler que dans le milieu des Vj, certain utilisait ce support pour faire passer des messages (politiques ou pour défendre une cause) Quel est ton point de vue là-dessus ?

 

"Je ne fais pas passer de messages politiques ou autres dans mes vidéos du moins pas encore. Ça serait cependant intéressant de développer ça avec un artiste, pourquoi pas."

 

Merci.

 

N'hesitez pas à aller le suivre avec son collectif Jurassic : Facebook

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